Forge et traitements thermiques des lames

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Ceci est une méthode de forge et de traitements thermiques des lames qui doit permettre d’obtenir le grain le plus fin possible à l’acier, une trempe dure mais aussi une lame qui garde son élasticité.

Cette « recette » est utile dans le cas général. En fin de page vous trouverez des traitements à rajouter dans le cas de lames fortement sollicitées ou d’aciers particuliers.

 


Forge de la lame:

En règle générale il ne faut pas forger une lame trop chaud, et surtout ne pas laisser la lame chauffer inutilement dans la forge sans la forger, dans ce cas le grain grossit beaucoup et inutilement. De plus une fois la lame chaude, le grain continue de grossir même si la température diminue, et ceci jusqu'à AC3.

- Forger fortement et trop froid peut provoquer des tapures ce qui est très mauvais, forger trop chaud et trop longtemps fait grossir le grain, voilà tout le dilemme.

On chauffe fort si l’on doit faire subir à l’acier des déformations conséquentes (étirage de la lame, de la soie, ou forge de la pointe par exemple). On peut chauffer assez fortement mais en travaillant toujours la lame. Ne pas la laisser chauffer inutilement ou « l’oublier » dans la forge !

Ensuite lorsque la lame acquiert sa forme et que l’on à moins besoin de la déformer, on réduit la température de forge.

La règle qu’il ressort de tout cela c’est que l’on chauffe le plus fort en début de forge, ou les déformations de la lame seront importantes (dans ce cas la le grain grossis mais on le « casse » lors des déformations importantes qu’on lui fait subir) et on chauffe moins en fin de forge, mais on tape aussi moins fort au marteau.

En fin de forge laisser la lame refroidir au noir avant de la réchauffer, pour réamorcer la cristallisation à chaque fois et donc affiner le grain.

Bien sur forger régulièrement, planer si besoin, et lors de la formation du tranchant forger approximativement le même nombre de coups de marteau de chaque coté de la lame.


En fin de forge, chose IMPORTANTE !

3 normalisations en chauffant à T° de trempe puis refroidissement, en balançant la lame dans l’air pour accélérer son refroidissement. C’est à ce moment la que l’on vois si la lame se déforme. Si elle se déforme c’est aussi le moment de lui faire doucement reprendre la forme désirée. A la fin de ces 3 normalisations, la lame ne doit pas se déformer. Si elle ne bouge plus, elle ne devrait pas non plus se déformer lors de la trempe.

Recuit à la T° limite inférieure de trempe, et laisser refroidir dans de la cendre, doucement. Ainsi le métal
sera plus mou et permettra un travail plus facile à la lime ou au back stand.


Usinage de la lame :

On donne la forme finale à la lame à l’aide de limes, ou au back stand. Faire bien attention à ne pas la chauffer ; si l’on est pas sur de cela ne pas hésiter à refaire 3 normalisations.
Laisser une épaisseur de 1mm minimum au tranchant afin qu’il ne se décarbure pas à la trempe. Il faut également veiller à ce qu’il n’y ai pas d’angles vifs (par exemple au départ de la soie) ou de rayures importantes (du à l’abrasif de l’émouturage par exemple) qui pourraient engendrer un départ de fissure avec le choc thermique de la trempe.


Trempe de la lame :

Complète ou sélective, suivant les habitudes ou les utilisations des lames. Pour une trempe a l’huile, chauffer l’huile a 60° minimum. Une huile chaude est plus fluide, et donc assurera un meilleur refroidissement de la lame !


Le revenu :

Le revenu classique est un revenu au four (de cuisine par exemple) en chauffant la lame à 200/220° pendant 1h à 1h30 (en fonction de la taille) et en laissant la lame refroidir doucement une fois le four coupé.

On peut aussi faire un revenu à la forge :
On pose le dos de la lame sur le charbon ou sur une brique chauffée au rouge, on amène le tranchant au jaune paille et le dos au bleu. On peut aussi plonger le tranchant dans l’eau et chauffer le dos au bleu.


Emouture finale :

On termine l’émouture du tranchant, en prenant soin de ne pas le brûler.

On peut si l’on désire une lame particulièrement souple terminer par un revenu sélectif au chalumeau : Lame froide, poser le tranchant dans l’eau (sur 1cm minimum) et chauffer le dos de la lame au bleu, en la laissant ensuite refroidir doucement (tranchant toujours dans l’eau).


Aciers particuliers ou/et traitements particuliers.

Traitements particuliers que l’on peut ajouter, pour des aciers spéciaux ou des lames devant être particulièrement souples.


Exemple

  

Trempe sélective de couteaux:

Seule la lame est trempée. Le dos est non trempé ce qui confère au couteau plus de souplesse malgré une dureté de lame importante.

On vois bien la différence en sortie de trempe entre la partie trempée (grise, la calamine à sauté) et la partie non trempée.

 

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